Surprenante, fascinante, hypnotique, iridescente, multicolore, fragile, vénéneuse, il ne manque pas d’adjectifs pour tenter de définir et décrire l’opale, gemme mystérieuse.

Connue depuis l’antiquité et baptisée « Reine des pierres précieuses » par Shakespeare, elle a séduit les plus grands de ses feux chargés de mystères. Ainsi Napoléon Bonaparte, peut-être tombé sur son charme, offrit L’Incendie de Troie à Joséphine, qui adorait les bijoux et les opales en particulier.

Cette extraordinaire opale noire de 700 carats, dont on a perdu la trace depuis la seconde guerre mondiale, fut la première opale à être nommée.

 

Même si quelques opales sont entrées dans l’histoire, ces gemmes auréolées d’un halo de mystère ont souvent suscitées la peur ou la crainte. Parmi les plus célèbres citons : les opales de la princesses Stéphanie de Belgique exposées au palais de la Hofburg à Vienne, la grande opale de Louis XVIII qui appartenait aux joyaux de la couronne ou encore l’opale Dieu du soleil provenant d’un temple du XVIe siècle au Mexique.

Sans oublier l’opale Olympic Australis de 17 000 carats découverte en Australie lors des jeux olympiques de Melbourne ou encore le bloc d’opales Panther Opal de 61,3 kilos. Toutes témoignent de l’extraordinaire beauté de cette pierre.

Des débuts difficiles

Fasciné par ses tonalités hypnotiques et par sa beauté irréelle, le salon GemGenève en avait fait le thème de son exposition en mai dernier : un voyage initiatique à travers le temps et les époques.

Entourée de mystères, cette gemme particulière a longtemps été rejetée du fait de rumeurs négatives, sans doute lancées par les joailliers qui devaient payer de leurs deniers ces pierres très fragiles quand elles étaient cassées. « Pierre de superstition et de malédiction, longtemps mal-aimée, l’opale a rarement été utilisée en joaillerie avant le XIXe siècle », rappelle Thomas Faerber, co-fondateur du salon GemGenève.

 

Les joailliers n’ont vraiment commencé à s’y intéresser qu’à partir du XXe siècle. Consacrée par le bijou Art Nouveau, elle a su captiver les créateurs les plus talentueux et les plus inventifs de cette période qui, de René Lalique à Georges Fouquet et Louis Comfort Tiffany, ont utilisé son opalescence pour créer des bijoux célébrant la nature et la féminité.

Aujourd’hui encore, les jeux de lumière que provoque l’opale séduisent les joailliers qui ont réussi à l’apprivoiser et l’intègrent dans leur collection.

De la joaillerie à l’horlogerie

Dans les années 1970, l’audace d’Yves Piaget a ouvert la voie d’une nouvelle horlogerie qui imagine d’élégantes montres joaillières sculpturales et extravagantes serties d’opales qui réfléchissent l’heure et la lumière. Ces montres bijoux au style unique révèlent l’éclat mystérieux des opales.

Mais c’est certainement l’originalité et la ténacité de Victoire de Castellane chez Dior Joaillerie qui, au début du XXIe siècle, lui a rendu ses lettres de noblesse. Depuis lors, oubliant qu’elle a peut-être porté malheur, la haute joaillerie fait jouer la douceur de ses reflets et de ses jeux de lumière irisés sur ses collections de haute volée.

 

Envoutés par ses mystères Dior, Bulgari, Chanel ou encore le joaillier anglais David Morris associent les feux des opales aux pierres précieuses plus classiques. Entre l’opale de feu, jaune orange ou rouge, l’opale noire aux feux vifs multicolores sur fond sombre, l’opale gold aux tonalités brun-vert ou l’opale rose, le choix s’avère difficile.

N.K.